Richard Brautigan (4)

Publié le par Christine Bessa

 

Tirée du recueil de textes de jeunesse que l'auteur, Richard Brautigan, avait donnés à une amie chère, lorsqu'il quitta définitivement sa ville natale,  en lui certifiant qu'ils allaient être une rente pour ses vieux jours....( ce qui s'avéra exact...semble-t-il)

...voici une sorte de mini-nouvelle évoquant une rencontre surnaturelle...

A visit from jake
 
I laid in bed for a couple of hours trying like crazy to get to sleep, but I got nowhere, like a drunk snail.
After awhile I got pretty darnn mad. I slammed my eyes shut hard as I could, and starting countin sheep.
I must have counted fifty thousand of the bastards.
I gave up when they started countin me.
 
It was about three in the morning when the gost of my brother Jake came and visited me.
 
I was layin there wonderin if some bright guy had ever thought about countin naked women when in walked Jacke’s ghost.
 
Jake had been dead for about six years. I was sort of surprised to see him.
 
Jake looked just about like anyone else except he glowed and I could see right through him.
 
«Hello» Jake said.
«It’s been a long time,» I said
We shook hands.
 
Jake sat down on the bed. 
« You’re looking swell,» he said, « just swell.»
 
«You’re looking O.K. too,» I said, « but I can see right through you»
«That’s the way it goes when you’re dead,» Jake said.
 
We sat there and talked for awhile about a whole mess of things.
We had a lot to talk about.
 
After awhile we got up from the bed and went into the kitchen, and got a couple cans of beer out of the icebox.
 
Me and Jake sat there in the kitchen and drank beer and talked some more.
 
It was sure nice seein Jake again.
 
You just don’t really appreciate people until after they’ve been dead for a few years.
 
 
Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
traduit de l’américain par Thierry Beauchamp et Romain Rabier
Le Castor Astral
 
 
Traduction:
 
Une visite de Jake
 
ça faisait des heures que je me tortillais dans mon lit à chercher le sommeil. J’arrivais nulle part, comme un escargot saoul.
Au bout d’un moment, ça m’a rendu dingue. J’ai fermé les yeux si fort que j’ai pu commencer à compter les moutons.
J’ai dû compter cinquante mille de ces salopards.
J’ai laissé tomber quand ils ont commencé à me compter.
 
 
Il était à peu près trois heures du matin quand le fantôme de mon frère Jake est venu me rendre visite.
 
J’étais allongé là, me demandant si un petit malin avait déjà eu l’idée de compter des femmes nues, quand le fantôme de Jake est entré.
 
Jake était mort depuis à peu près six ans. J’étais plutôt surpris de le voir.
 
Jake ressemblait à n’importe qui, sauf qu’il luisait et que je pouvais voir à travers lui.
 
«Salut», a dit Jake.
«ça fait un bail», j’ai dit.
On s’est serré la main.
 
Jake s’est assis sur le lit.
«Tu as l’air en forme, il a dit vraiment en forme.»
«Tu as l’air d’aller aussi, j’ai dit mais je vois à travers toi.»
«C’est comme ça quand on est mort», a dit Jake
 
On est resté assis à parler un moment de tout un tas de choses.
On avait plus de truc à se raconter.
 
Après un moment, on s’est levé et on est allé dans la cuisine, et on a sorti quelques canettes de bière du bac à glaçons.
 
Moi et Jake, on est resté assis dans la cuisine à boire de la bière et à discuter encore.
 
C’était sacrément bon de revoir Jake.
 
On apprécie pas vraiment les gens tant qu’ils ne sont pas morts depuis plusieurs années.
 
 
Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
traduit de l’américain par Thierry Beauchamp et Romain Rabier
Le Castor Astral
 

 

les deux textes vis-à-vis, pour mieux comparer la traduction.

Ce que je retiens:

- a visit from Jake (= une visite de Jake)

- a snail (= un escargot)

- after a while (= après un moment)

- to glow (= briller)

...en espérant qu'un peu de langue anglaise trouve les connexions pour se loger dans ma mémoire...

 

 

Publié dans Richard Brautigan

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